ANCOVART - Carte professionnelle de guide-conférencier
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Publié : 12 octobre 2016

Carte professionnelle de guide-conférencier

La DGE en veut toujours à la qualification professionnelle

Le bureau des professions du tourisme, au sein de la DGE (Direction générale des entreprises) veut modifier l’arrêté du 9 novembre 2011 relatif à la délivrance de la carte professionnelle de guide-conférencier.
Il a envoyé le projet de modification aux organismes représentatifs des guides-conférenciers en leur demandant d’apporter leurs observations sur les contenus de ce projet.

Les modifications voulues par la DGE ont pour objet d’étendre l’accès à la carte professionnelle aux personnes non qualifiées. Pourraient ainsi obtenir la carte professionnelle
- Outre les détenteurs d’une qualification de guides-conférenciers (licence professionnelle et masters avec formations spécifique aux compétences professionnelles, soit 3 unités d’enseignement), ce qui correspond à la situation actuelle.
- Les détenteurs d’’un titre de master, quel qu’il soit, pouvant justifier d’une expérience de médiation de six mois.
- Les détenteurs d’un diplôme de licence ou tout autre titre de qualification de niveau III, pouvant justifier d’une expérience de médiation d’un an.

Ce projet d’arrêté signifie que l’obtention de la carte professionnelle de guide-conférencier ne serait plus attachée à une formation spécifique au métier.

Selon la DGE la France manque de guides-conférenciers, et les modifications seraient réclamées par la législation européenne.
Ces deux arguments ne tiennent pas :
La carte professionnelle est nécessaire uniquement dans les musées et monuments historiques nationaux. L’accès à la profession de guide hors de ce cadre est d’accès libre. Au contraire, les guides-conférenciers qualifiés sont plutôt dans une situation de manque de travail, et ils rencontrent des difficultés à accéder aux grands sites touristiques nationaux, très fréquentés.
En ce qui concerne la réglementation, elle a été confirmée par l’article 109 de la loi LOI n° 2016-925 du 7 juillet 2016 dite loi CAP. Elle correspond à la volonté d’une politique culturelle nationale, affirmant le souci de valorisation de la médiation des patrimoines. Cette démarche est tout a fait admise par la commission européenne, dont les objectifs sont de permettre la libre prestation de service entre états de l’union européenne, d’éviter des réglementations professionnelle inutiles, et d’atteindre la transparence en ce qui concerne les réglementations.

La DGE veut essentiellement briser l’organisation de la profession autour d’une qualification, pour aboutir a un phénomène « d’ubérisation », tel qu’il avait déjà été envisagé dans le projet de loi Macron en novembre 2014, puis, dans le cadre de la loi Mandon, par voie de décret.

Ce projet présente des risques indéniables
- pour les professionnels,
- pour la préservation d’une mission de qualité,
- pour l’intérêt des publics,
- pour le maintien des formations universitaires

La position d’ANCOVART est claire, et rejoint celle des autres organismes représentatif des GC. :

  • Nous ne pouvons accepter l’obtention de la carte à partir d’une simple expérience professionnelle (6 mois ou un an), jointe à un niveau.
  • Nous ne pouvons accepter l’obtention de la carte à partir de n’importe quel diplôme de niveau III (bac +3, c’est-à-dire licences ou autres de quelque matière ou discipline que ce soit).
  • Nous ne pouvons accepter des critères aussi flous qui vont laisser place à des interprétations très variées et des inégalités de traitement selon les départements.
  • Nous ne pouvons accepter que soient remis en cause la volonté et le travail des élus et du Ministère de la culture, qui, après concertation avec les représentants de la profession et des acteurs du tourisme culturel, ont abouti à l’élaboration d’un article de loi.

Nous sommes en attente d’une réunion avec les deux ministères concernés pour obtenir des précisions sur le projet, et défendre notre position.

Si la DGE persistait dans ses intentions, les organisations professionnelles sont d’ores et déjà décidées à manifester leur opposition et mettre en œuvre les moyens appropriés pour conserver une carte professionnelle délivrée sur le principe d’une qualification professionnelle correspondante.

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Manifestation du 20 janvier 2015